jeudi, 06 mars 2008

THE VIRAGE!

Eh oui je me fais rare...

C'est que voilà, après avoir enfin fini de raconter mon voyage au Japon, j'ai d'abord soufflé un peu, et depuis je me prépare à... changer de vie.

Enfin pas vraiment de vie, mais de lieu de vie, ce qui va tout de même avoir des conséquences.

 

Après 21 ans de vie rurale dont 19 dans la maison actuelle, je vais redevenir citadine!

 

Je quitte une grande maison pour un F3.

L 'orée de la forêt pour les bords de la Garonne.

L'herbe pour le bitume.

La corvée de bois pour le thermostat du radiant.

Les horizons lointains pour le mur devant le nez. 

Le ménage jamais fini pour quelques m² vite clean.

Le ciel pur plein d'étoiles pour l'étrange couleur orange par-dessus les toits.

Le jet d'arrosage pour la piscine privée.

L'espace pour le non-espace.

Les week-ends à bosser dehors et dedans pour les week-ends de loisirs.

Les p'tits cafés chez Ellisa pour des p'tits cafés dans les troquets désenfumés en sortant d'une expo?

Des soirées écroulés devant un DVD pour des sorties concert, boites de jazz, ciné, restau? 

 

Avantages, inconvénients, je vous dirai tout.  

J'emmène Chéri et Chat, que peut-il m'arriver de mal?

 

Conséquence collatérale: ce blog disparaitre, pour renaître ailleurs!

Je pars chez Hautetfort.

Mes notes sur le Japon sont en cours de rapatriement sur un site que j'ai commencé à créer, mais comme j'apprends tout du début et que je n'ai pas vraiment le temps, c'est un peu long...

Vous aurez tous les liens qui vont bien, je n'ai pas envie en plus du reste de perdre mes amis blogueurs! 

 Ajout du 08/03/08

Voilà mon futur blog est quasi prêt, C'EST ICI, alors à bientôt! 

 

 

 

 

 

 

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lundi, 23 juillet 2007

Wo xue zhongwen (ou hanyu, c'est selon)

Ma chère belle-fille chinoise adorée étant revenue de Suède, (mon fils adoré sous le bras), j'ai pu passer à la vitesse supérieure dans mon apprentissage de cette merveilleuse, magique et exotique langue.
podcast
Alors oui c'est vrai comme dirait ma fille je me la pète un peu je l'avoue, mais, toujours comme dirait ma fille, je kiffe à mort, bien qu'en plus elle (ma fille) (dirait qu'elle) a trop la honte quand je parle djeune. Et aussi quand je parle chinois: ma lubie l'énerve. Ben tant pis hein, on s'aime quand-même! (Et au moins elle me tient au courant de ses opinions!!!)

Et puis d'abord j'en remets une louche dans dans le pétage de moi-même:

我学中文  c'est la transcription du titre de cette note, je ne vous le traduis pas ça enlèverait tout le mystère... (plus banal tu meurs)

Pub chinoise, mais je ne sais pas trop pour quoi:

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En parallèle je surfe sur les sites qui parlent, montrent, expliquent le Japon. D'ores et déjà je ne confond plus les langues à l'oreille, ni à la lecture, bien que le japonais utilise pas mal d'idéogrammes chinois. Prononcés tout-à-fait différemment, sinon ce serait trop facile, bien sûr! Et je compte beaucoup sur mon frère, français installé depuis 25 ans à Tokyo, pour m'aider à aborder cette civilisation sur laquelle je vous raconterai mes impressions au retour, c'est-à-dire une fois les préjugés et préressentis balayés par la réalité.

En attendant le départ (12 août!) deux agréables étapes jalonnent mon été: la Suisse, autre civilisation ô combien exotique et incompréhensible malgré la proximité,

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et le Médoc où depuis des années j'arpente avec bonheur et quasi annuellement la plage de Soulac sur Mer et autres attenantes: grandes vagues, baïnes, grandes marées, glaces Judici, kilomètres de sable fin... appart un peu pourri mais généreusement prêté gratuitement et à quelques pas de la boulangerie et de la plage... Un jour je vous raconterai les pans de ma vie vus des quelques jours annuels estivaux passés à Soulac, jours qui ont toujours eu un impact important, sorte de rendez-vous annuels en forme de résumé des années qui passent et ne se ressemblent pas, pas toutes, oh que non (c'était pourtant déjà moi cette jeune fille svelte, cette jeune femme enceinte, cette maman fatiguée, cette femme épanouie, cette femme éplorée, cette femme mûre heureuse, etc...), comme une galerie de photos du temps qui passe, cruelles et attendrissantes.

Soulac sur Mer:

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vendredi, 26 janvier 2007

Aujourd'hui on est en rouge.

Jour rouge.

Non, personne n'est habillé en rouge, ni rouge et noir: le Stade Toulousain n'officie pas (enfin je ne crois pas, paske le ruguebi, moi...) 

Jour rouge.

Non, il ne s'agit pas de colère (je ne suis pas très colère, sauf exception très très motivée et très très rare.)

Jour rouge.

Non, il n'y a pas de catastrophe imminente prévue, la météo est froide mais tranquille, pas de réunion houleuse à l'horizon, pas de concert avec répétitions insuffisantes, finis les rendez-vous avec la médecine scolaire et mes mômes pas très vaccinés, finis les affrontements avec des 5ème  survoltés (voir ici), euh, quoi d'autre?

Jour rouge.

Aucun volcan en éruption ne se dresse à l'horizon, aucune météorite à ma connaissance ne s'apprête à percuter la petite planète Terre.

Allez, partez pas, j'arrête de vous énerver, voici de quoi il retourne:

Le monde étant ce qu'il est ma p'tite dame oui oui tout augmente, j'ai adhéré depuis quelques années déjà à une option proposée par notre grand arnaqueur pollueur menteur bienfaiteur (qu'il dit! ce sale *) j'ai nommé: EDF, option permettant de faire quelques substantielles économies. L'option en question porte le doux nom d'abonnement Tempo, ce qui pour une musicienne pourrait sembler relativement approprié!

Eh bien non, rien à voir.

Je vous explique vite fait:

Les jours de l'année sont répartis entre trois couleurs: 300 jours bleus où l'électricité est pas chère du tout, 43 jours blancs où l'electricité coûte normal, et 21 jours rouges où l'electricité coûte très cher.

Les monsieurs-dames d'EDF déclenchent les différentes couleurs selon qu'il fait froid ou pas, ou pas trop.

Ce qui fait que un peu lors des jours blancs, et surtout lors des jours rouges, le consommateur, ô merveille (pour EDF) s'auto-censure en limitant drastiquement sa consommation,  très motivé non pas par l'écologie mondiale, mais par l'atteinte directe au porte-monnaie (enfin, au prélèvement banquaire, nous vivons dans un monde moderne).

Ce qui donne, concrètement: pas de machines électriques: tas de linge sale en attente, tas de linge propre pas repassé; vaisselle à la main, café à l'eau de la casserole, pas de gratin ni de tarte si comme moi on a un four électrique, ni de raclette, grille-pain et autres crèpières (heureusement, j'ai la cuisson au gaz); pas de radiateur électrique mais moi je m'en fous chez moi c'est fioul et  bois (sauf au 1er étage où il y a la chambre de ma fille et où on allume un poêle à pétrole si elle est là...), heureusement itou l'eau chaude marche avec la chaudière; on ne laisse pas comme d'habitude les lumières dans toutes les pièces, on n'allume pas les hallogènes.

Bref, c'est une vraie vie de militant écologiste qui s'installe lors des jours comme aujourd'hui. Heureusement lors des week-end et des jours fériés les monsieurs-dames d'EDF nous fichent la paix avec le rouge, et on peut rattrapper les lessives et le repassage, super week-ends.

medium_EDF.jpgAvec l'abonnement on nous livre un petit tableau de bord plein de zolies lumières qui nous disent si on en bleu, blanc, ou rouge et en heures pleines ou creuses, et ce qui nous attend pour le lendemain et qui nous est révélé à 20h (16h30 sur internet)

A 20h donc si le lendemain est rouge, une sonnerie, très désagréable de surcroît, retentit.

C'est assez vite agaçant.

D'ailleurs le système en son entièreté est assez agaçant quand on se cogne comme en ce moment une semaine du lundi au vendredi en rouge, la question étant: est-ce qu' EDF veut vraiment réguler la consommation d'électricité, ou est-ce qu'elle espère que les abonnés Tempo vont craquer en plein rouge heures pleines et faire tourner tous leurs appareils modernes à tarif prohibitif?

Bien sûr, l'été venu et les jours rouges et blancs entièrement révolus, on apprécie sans réserve les factures allégées.

J'ai quand-même décidé que le PC consommait jamais assez pour rester éteint les jours rouges, faut pas pousser l'ascétisme et la radinerie jusque là, non mais oh!

D'où cette note édifiante, EDFiente?

 

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jeudi, 07 décembre 2006

Speedy

Il lève les yeux sur moi, son expression est indéchiffrable mais son commentaire fuse, acéré:

"Dites-donc, vous êtes montée en T, vous!"

Mes neurones affolés s'agitent, hésitent, explorent une voie puis l'autre, tournent en vain sur eux-mêmes: que veut-il dire par là?

Comme un lointain écho remonte de ma mémoire le souvenir pâli de ma première visite chez un gynéco et son exclamation de surprise: "Dites donc, vous avez le col rétroversé, vous!" (Il a fallu qu'il m'explique 12 fois que ça n'avait aucune importance, que c'est juste qu'il en n'avait encore jamais vu en live) 

Son ton semi-accusateur me renvoie aussi à LA culpabilité, sentiment qui ne demande qu'à jaillir même en absence totale de raison récente. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire de mal? Je suis "montée en T"? montée hantée? montée en thé? Montée en T...  Une mauvaise cavalière? Un grave défaut?

Mais allons, mon accusateur n'est qu'un mécanicien automobile après tout. Il parle de MA VOITURE! Et même précisément des pneus que je suis venue faire changer.

Les pneus en X je vois ce que c'est, mais en T, là j'hésite.

"Et alors, les roues sont pas au bon endroit?"

Le monsieur de chez Speedy me regarde en rigolant, et m'explique gentiment.

Maintenant je sais. T est une référence de pneumatiques, et ma voiture est équipée de pneus portant (entre autres chiffres et lettres) la lettre T.

Je suis montée en T.

Et je ne me suis même pas fait arnaquer: les pneus Speedy sont à -25% jusqu'au 16 décembre, je dis ça comme ça si y'en a qui ont besoin, hein. Sans rendez-vous, et le café est offert.

Sinon ici l'automne s'installe mais il y a encore des roses:

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mercredi, 29 novembre 2006

Allez, ce matin je refais le monde.


podcast
Ce matin en prenant ma douche je réfléchissais (je n'ai pas le même lieu d'inspiration que certains qui se reconnaitront s'ils traînent par ici) (question de tempo biologique sans doute).

Bref.

Et voilà qu'apparut à mon esprit exceptionnellement affuté pour l'heure matinale que les enfants et ados avaient un rythme de vie carrément insensé. Enfin ça je l'avais déjà pensé, mais ce matin m'apparut clairement LA solution qu'aucun ministre n'en a seulement rêvé tellement ils ont pas de couilles pour changer les mauvais plis un peu profonds.

1er constat: les enfants passent 6 ou 7 heures par jour à l'école/collège/lycée; ensuite ils se précipitent à la danse/judo/musique/foot/théatre/etc...., la plupart ayant 2 activités, l'une sportive, l'autre artistique.

2ème constat: les profs/animateurs/etc... des dites activités commencent leur journée vers 16h30/17h et finissent à pas d'heure, sauf mercredi, journée de ouf.

3ème constat: chaque patelin a ses écoles/collège/lycée avec des profs de musique, arts plastique, sport, etc... et les infrastructures qui vont avec, financées par la région et la municipalité.

4ème constat: chaque patelin a son école de musique, école de tennis, école de danse, MJC, etc... et les profs, animateurs et infrastructures qui vont avec, financés/payés/subventionnés par la municipalité.

Alors, que je m'dis, pourquoi pas prendre tout ça, secouer, mélanger, et hop!

Et voici:

Les enfants/ados vont en classe (ouais quand-même): cours intellos euh... "importants" le matin jusqu'à genre 12-13h. Ecoles collège, lycée sont mitoyens; les batiments sont spacieux et abritent des salles de sport, un stade, un auditorium, des terrains de tennis, des studios de musique, etc...

L'après-midi les jeunes ont accès à toutes les activités extra-scolaires,  mais sur place: pas besoin d'attendre les parents pour se faire conduire en voiture. Ces activités sont fusionnées avec les cours de sport, musique, arts plastiques... Les pions aident au bon déroulement, il y a aussi des gens pour le soutien aux devoirs, le CDI et la médiathèque ont fusionné aussi et sont ouverts! 

Quand les jeunes rentrent chez eux vers 18-19h, tout est plié: devoirs, activités. Y'a plus qu'à manger et se vautrer devant la télé/MSN/Playstation.

Et le soir, c'est les adultes qui viennent chanter, courir, etc...

L'éducation nationale, le ministère de la Qulture et les municipalités ont fusionné dans un grand élan d'amour et se tenant tendrement par la main comptent les pépettes économisées.

Comment ça j'ai rien inventé?

Comment ça y'a des pays où ça se passe comme ça?

Et leurs jeunes sont pas plus cons que les nôtres?

Bon, allez c'est mercredi, je vais apprendre aux djeunes à souffler droit, agiter grave les doigts, et avec ça jouer des trop belles musiques. Yesssssssssssssssssss!

 Au fait, dans le podcast, c'est ça:

diabaram

 

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jeudi, 16 novembre 2006

Ces chères têtes blondes

J'ai plein de sujets de notes en tête: j'aimerais vous raconter Chéri, vous raconter ex-Chéri,  vous raconter mes petites histoires et mes grandes histoires, vous asséner au passage mes avis (génialissimes bien sûr) sur la Vie, les Hommes-et-les-Femmes, le Monde et sa Cosmogonie, et les Tisanes sans alcool.

Mais aujourd'hui il me vient un grand besoin de dégoiser sur ce qui fut ma vie pendant 5 années, époque où je me vis embrasser la prestigieuse carrière de

PROFESSEUR DE MUSIQUE EN COLLEGE!

Si.

Tout d'abord, je confirme les dires d' Almeria  rapport aux vacances scolaires-trop-de-chance-ces-sales-profs: les "petites vacances" sont rigoureusement, absolument et défintivement indispensables. Pour préparer les cours oui mais surtout pour panser ses plaies et reconstituer son intégrité psychologique et nerveuse. Surtout pour un prof de musique.

Parce qu'être prof de musique en collège, ça veut dire:

1) Voir déferler heure après heure des hordes sauvages composées chacune d'une trentaine d'individus très peu individualisés mais tous en plein boum hormonal et l'énergie surcompressée par le cours précédent "important" (maths, français, histoire, anglais...). Ceci 20 fois par semaine.

2) Admettre que les hordes sus-citées ont oublié depuis longtemps (une semaine entière!) le cours précédent et tous les patients efforts sociaux, pédagogiques, administratifs, disciplinaires, et, accessoirement, musicaux, déployés par le professeur pour obtenir un semblant de cohérence et de civilisation dans la salle de musique.

3) Supporter le bruit incessant, même par temps calme. Parce que la musique ça fait du bruit. Ecouter de la musique sans la considérer comme un bruit de fond est devenu pour les ados une épreuve incongrue; l'apprentissage de la flûte à bec a été mise au programme par des inspecteurs qui n'ont jamais du mettre les pieds dans un collège de base, sauf pour les inspections où les élèves sont anormalement sages: parce que 30 flûtes à bec dans une classe d'ados facétieux, même en étant très très sévère, je vous jure que ça joue avec les nerfs plus que de la musique.

4) Supporter les remarques anodines et répétées qui sappent le moral, du genre que la musique ça sert à rien, que y'en a pas au brevet des collèges (élèves) que "vous pouvez faire un peu moins de bruit, on fait un contrôle" (le prof de la salle d'à côté, qui lui, travaille (maths, français, histoire, anglais...), que "ah, c'est en musique..." (le CPE qui valide les sanctions)

5) Remplir 600 bulletins à chaque fin de trimestre sans se répéter et en personnalisant chaque commentaire (je déteste faire mon boulot n'importe comment)

6) Se demander quel rapport il y a entre la petite fille qui apprenait à jouer du piano, puis de la flûte traversière, élevée avec France-Musique en radio de fond, puis la jeune fille balaise en solfège, en harmonie, en analyse, en histoire de la musique, les heures quotidiennes de gammes, exercices, études, morceaux..., les années de concurrence acharnée au conservatoire, de bûchage intensif à la fac..., et aussi tous les univers musicaux  que j'ai explorés par ailleurs et aimés;... tout ça pour des adolescents plus obtus que mon grand-père. Je veux dire, en classe. A cause du groupe, du nombre, de l'éducation nationale. Parce qu'individuellement et/ou ailleurs ils ne sont pas les mêmes du tout!

7) Et enfin se demander quel rapport il y a entre la musique et le cours de musique tant on passe de temps à y faire le flic.

Bon, j'ai eu quelques rares joies professionnelles et relationnelles qui m'ont payée de tous ces maux, mais franchement faut pas être difficile pour s'en contenter.

En rentrant chez moi je décompressais dans ma voiture (j'avais le temps, parce qu'en plus c'était loin) sans musique ni info, juste un merveilleux SILENCE avant de retrouver mon fils. Nous prenions un bain régénérateur ensemble (je puais la transpiration de stress) et j'essayais de m'occuper de lui sans penser au jour écoulé ni au lendemain, sauf week-end et vacances scolaires...

Pourquoi j'ai fait ce métier? Parce que jétais seule avec mon fils et quand la fin de l'API s'est profilée je ne savais faire que ça, je veux dire pour une paye qui nous permette de vivre.

Comment ça s'est fini? Quand je suis revenue de mon deuxième congé maternité, je n'ai plus pu. Et là j'avais un mari, et quelques cours en école de musique, j'ai donc pu démissionner pour commencer une reconversion.

Je vous raconterai une autre fois comment après des années de galère maintenant j'ai un métier génial que j'aime et qui me fatigue pas et où je vois plein d'enfants, d'ados et d'adultes et que je les aime tous.

Je ne voudrais pas décourager les jeunes blogueurs et blogueuses mais souvent il faut pas mal d'années avant d'être bien dans sa vie professionelle, sentimentale, sexuelle, spirituelle, familiale et j'en passe. Par contre ça console vraiment d'être moins jeune de voir comment on se sent tellement mieux dans ses pompes.

Ou bien?

13:39 Publié dans Trucs de la vie vécue | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

lundi, 13 novembre 2006

Les majorettes du 11 novembre

Samedi, c'était le 11 novembre. Jour férié sauf que d'habitude le samedi je ne travaille pas, et là j'ai du travailler un peu.

Or donc ce matin-là, j'étais en compagnie d'un collègue et de quelques élèves debouts ,transis, devant la mairie. Parce que le 11 novembre ainsi que quelques autres jours maudits, je me dois de rassembler quelques collègues et élèves afin de démontrer aux conseillers municipaux et à quelques administrés municipaux transis devant la mairie municipale que tout l'argent municipal qui est dépensé pour l'école de musique municipale sert un peu à quelque chose. Parce que former des jeunes musiciens amateurs de bon niveau, leur permettre un épanouissement artistique vachement bien, ils s'en tappent, ça se voit moins qu'un stade de foot.

Enfin ils s'en tappent pas tous, hein, par exemple pas ma chef ni son maire (on ne sait jamais, si l'un d'eux tombe sur ce blog j'aurais gagné ma journée, moi) (par contre si l'un d'eux tombe sur ce blog, qu'ils sachent que s'ils veulent m'augmenter ce sera avec plaisir)

Bref nous étions donc devant la mairie, nos intruments (de musique) à la main. Nous avions auparavant bien répété la Marseillaire et Cie, avec les bémols, les nuances, les accents et tout et tout (parce que mon collègue D, qui dirige l'ensemble, ne peut pas s'empêcher de faire jouer le plus zoli possible n'importe quelle musique il a à faire jouer, il est musicien pas que de métier, mais de caractère, quoi.) Nous étions tous bien habillés en noir (sauf le petit trompettiste qui avait zappé, mais on l'a mis derrière), bien dignes à écouter les discours et jouer (bien) les musiques mortuaires quand il faut, sans trop de fausses notes, on s'était même accordés pendant 1/4 d'heure avant pour jouer juste, surtout les flûtes traversières ça craint, bref, on se regardait tous en se souriant, les musiciens, les anciens combattants, le maire et ses conseillers, d'un côté à l'autre du monument aux morts, en souriant parce qu'on tenait bien nos rôles même si on aurait préféré être en train de bloguer à la maison, mais il restait tout l'après-midi et le dimanche aussi,.

Quand tout à coup...

Ce fut au tour des majorettes. Pourquoi des majorettes à une cérémonie du souvenir, mystère. Pourquoi celles-là: consternation!

Car voici: quelques grandes gigues s'avancèrent. Elles étaient vêtues d'un pantalon-jupette en Lycra violet ridicule, avec un haut blanc boudinant et des grosses baskets bien lourdes. La sono se mit à déverser une tonitruante musique de plage pour ados,et elles commencèrent à évoluer approximativement en faisant tomber leur bâton.

La Honte Intégrale.

Les sourires se crispèrent instantanément, surtout celui du maire et de son adjointe. Mes élèves étaient morts de rire, le public hébété détournait les yeux, plein de pitié, les parents des majorettes se repéraient par leur regard niais et non objectif.

Comment peut-on oser s'occuper d'enfants et d'ados, même bénévolement, quand on est incompétent à ce point. Comment peut-on être obtu au point de ne pas s'adapter aux circonstances. Comment les parents peuvent-ils ne pas s'apercevoir de cette grossièreté, de ce ridicule, de ce mauvais goût.  

La cérémonie s'est achevée, le Maire s'est fendu des remerciements d'usage, il a même suggéré au micro, le lâche, que la prochaine fois les musiciens défilent avec les majorettes mais là il peut attendre, mon dévouement a des limites et de toutes façons je suis titulaire.

Je me suis consolée avec un jus d'orange et quelques cacahouettes, je n'ai pas abordé la dame qui s'occupe des majorettes, j'avais peur de lui faire mal, mais je compte bien lui faire connaître mon avis des fois que personne d'autre n'ose.

Et toi qui as lu cette note jusqu'au bout malgré que mon histoire t'importe peu, tu seras récompensé par cette petite facétie d'un histrion musicien, qui dure 3mn   (il faut regarder jusqu'au bout) Ca me fait personnellement rire, mais ça peut aussi faire pitié...

http://video.google.com/videoplay?docid=%20-1156414669221...

Bonne journée!

 

 

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jeudi, 02 novembre 2006

Le son du silence

Aujourd'hui, Chéri est au travail et Fifille en goguette à la ville. Et moi, en vacances à la maison! (Oui, je suis honteusement - à défaut de grassement - payée à ne rien faire plein de jours dans l'année grâce à mon public scolaire, merci à mon public scolaire!)

C'est le grand grand calme et bienfaisant silence. Chéri ne fait jamais trop de bruit, sauf rotofil ou autre nécessaire (et trop rare) aspirateur, mais Fifille aime à s'entourer de musiques tonitruantes, de sonneries de portable que tu te demandes ce qu'il se passe tout à coup et d'où ça vient, et autres écriements kevinesques.

Mais aujourd'hui, silence. Bon, pas un vrai silence de caisson étanche: le PC ronronne, Chat gratte ses puces, la chaudière s'enclenche, dehors les geais rouscaillent. Pourtant ça y est, je commence à m'entendre être. Je me sens intérieurement alignée, en phase avec moi-même et intensément présente...

Parfois avec Chéri on fait le coup du silence ensemble: l'un à côté de l'autre sans parler (et pas devant le télé!) Parfois c'est juste chacun tout seul dans ses pensées, mais parfois c'est sentir la présence l'un de l'autre comme des vagues d'atomes qui s'interpénètrent, se lient, se volutent. C'est chouette.

Et puis voilà, le téléphone sonne et la lessive attend à être étendue sinon elle va se venger en puant, et puis tiens quelles nouvelles du monde, hop la radio et finie la pureté de l'atmosphère, l'ambiance zen et la lumière, mais quand même, il en reste quelque chose en soi qu'on peut emmener partout et protéger en son for intérieur capitonné, même quand on rit aux éclats ou qu'on dit des bêtises.

Tout à l'heure Amie est passée boire un café, il y avait beaucoup de soleil dans la véranda qui brillait sur ses cheveux blonds de bébé et ses yeux verts de tendre écorchée. Nous avons parlé de choses avec des mots et d'autres avec des silences.

Tendresses à tous et à toutes.

23:04 Publié dans Trucs de la vie vécue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note