jeudi, 08 février 2007
Le(s) pas de côté de l'équilibriste.
(Richard Galliano septet: Otoño Porteño, Astor Piazzolla)
A l'envers un peu, la tête. Quelque chose comme de la lassitude, de la confusion, du découragement.
Décourageant est le monde. Si tant est que je l'aie jamais trouvé encourageant, si tant est que jamais il fît illusion.
Oh, ma petite sphère est bien bien gérée, ça oui. J'ai passé assez d'années à apprendre, à me tromper, à me remettre en question, à redresser la barre, à m'en prendre et à m'en remettre, à dévisser et à retomber sur mes pattes.
Maintenant je suis plutôt au point côté bonheur tranquille, crises affrontées sereinement, vie assumée, face-à-faces avec moi-même sévères ou indulgents, mais justes.
Ma petite sphère tient bon, mais c'est la grande sphère qu'elle habite qui pose problème.
Ce monde est facile à dénoncer, difficile à simplement englober. Facile à juger, difficile à accepter pour ce qu'il est.
Nos dirigeants sont lamentables, notre civilisation est en pleine décadence et bien que j'y sois habituée, parfois le constat a un goût d'insupportable.
Mais après tout, au moins ainsi est démasquée la grande illusion d'une humanité apte à se gérer, raisonnable, merveilleuse et intelligente, couronnement de la création avec paradis terrestre en option.
D'ailleurs l'humanité peu à peu se divise en deux camps: ceux qui cherchent une issue vers le haut, et ceux qui se laissent couler vers le bas. Encore que bas et haut sont des notions finalement assez floues, car si le bas est assez clairement associé au mal, à la violence, au non-respect, etc.., le haut peut être une illusion perverse, un bien pas mieux que le mal, et de plus, moins facilement identifiable comme tel.
Ainsi j'adhère à l'idée que bien et mal sont intimement liés et s'équilibrent comme le jour et la nuit, le haut et le bas. Sans bas il n'y a pas de haut, sans bien il n'y aurait pas de mal, et inversement... la vérité se trouvant alors dans un état de juste milieu, de neutralité épouvantablement difficile à atteindre, et à conserver, tout nous poussant à pencher d'un côté ou de l'autre. A prendre parti. A avoir des avis sur tout, à choisir un camp, à entretenir les tourbillons de pensées qui chargent l'atmosphère. A nous indigner, à nous agiter, à agir à tort et à travers. Bref, à polluer notre sphère au lieu de la purifier. Notre sphère, donc par conséquent le monde qu'elle habite.
Lassitude, confusion, découragement. Et voilà que j'accuse le monde. Mais c'est moi qui suis en cause. J'ai du déraper sur une peau de banane de mon juste milieu et participer au tourbillon polluant. Ah bah, parfois c'est trop difficile, trop subtil, trop à l'encontre du sens commun, l'intime conviction n'y suffit plus.
La vie est un patient travail d'équilibriste où le moindre défaut de concentration nous jette d'un côté ou de l'autre. Ne jamais s'endormir; ne jamais se croire à l'abri; ne jamais se croire arrivés quelque part; toujours être prêts à démasquer et corriger nos erreurs; et le tout avec optimisme, confiance, élan et joie même pas forcée, si,si!!!
Qui a dit que c'était facile?
12:35 Publié dans réflexionnage | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 16 janvier 2007
Le cri et le ron-ron
Parfois j'ai envie de crier, de hurler, longuement, sauvagement, le museau dressé vers les étoiles, les yeux plissés, les narines grandes ouvertes. Crier de bonheur, hurler ma joie de vivre, vociférer mon optimisme, le coeur dilaté de vie, le souffle vibrant d'espoir, toute mon animalité tendue vers l'expression de l'autre en moi, celle qui peut tout, qui sait tout, immortelle et radieuse.
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Parfois j'aimerais être déjà une petite vieille au regard vif, toute mince, toute ridée, toute souriante, et sage. Mais peu-être deviendrai-je une petite vieille grosse, aigrie et apathique?
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Parfois j'aimerais traîner chez moi jour et nuit sans horaires, sans obligations, lâcher le mince vernis social qui me tient encore, baisser les bras devant ce vain quotidien, hiberner contre le poêle en ronronnant, dormir, dormir et me réveiller juste pour lire d'immenses sagas de Fantasy pleines d'histoires de dragons, de destins croisés, de chevaliers et de pirates en queste et d'animaux intelligents (dans les livres de Robin Hobb y'a tout ça et c'est le pied).
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Parfois j'aimerais être vraiment intelligente, pas comme maintenant où je le suis juste assez pour me rendre compte de mes limites. J'aimerais oter les coins qui m'empêchent d'avoir une vue d'ensemble, de voir clairement comment fonctionne ce monde, quelles sont les causes des - et surtout les solutions aux - conflits, où mène tel ou tel choix.
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Parfois et très souvent je suis juste contente comme ça, là, avec ma petite vie tranquille à la campagne dans un pays en paix, mon boulot sympa, mon Chéri très très bien et ma tasse de café à portée de main.
13:50 Publié dans réflexionnage | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 11 janvier 2007
Au secours
(musique du film "Bienvenue à Gattaca")
Il y a dans l'air comme un flottement, une inquiétude, une attente.
Il y a dans le monde un pan soulevé, où s'engouffre tout et n'importe quoi, du bon, du mauvais, et on voit surtout le mauvais, qui focalise mieux l'attention que le bon.
La planète enfle, enfle, son atmosphère viciée par des siècles et des millénaires d'humanité. Elle a engrangé tout ce qu'elle pouvait comme guerres, folies meurtrières, sang et haine. L'amour, la bonté, la beauté ont été détournés, dévoyés.
Notre planète a fait son temps avec son chargement d'humains remuants, insupportables et salissants. Inconséquents.
Bientôt, quelque chose va arriver. La Terre va s'auto-nettoyer, expulser cette humanité grouillante, l'étouffer, l'assécher, l'exploser, la geler, que sais-je.
Notre vague d'humanité va devoir sauter dans le vide, en l'état. Sera-t-elle sauvée, sombrera-t-elle? Tout dépendra de la proportion d'étincelles vivantes parmi les individus qui forment cette vague humaine.
10 ou 15% suffiraient, non? C'est faisable, je dirais.
(Après, comment on sait ce qu'est une "étincelle vivante" , qui en est une et qui non, là ça tient du jugement dernier ou je ne sais quoi, et de toutes façons on n'a ni les critères ni les livres de comptes!)
Bon chais pas ce que j'ai aujourd'hui. Je voulais écrire une note sur la dame qui est venue me présenter le Thermomix de Vorwerk, ou les soldes où je vais pas, et puis voilà, une autre stratte de moi-même a demandé la parole et je la lui ai donnée.
Et hop ("Publier maintenant")
14:35 Publié dans réflexionnage | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

