mercredi, 06 février 2008

Tokyo 07, J12 et retour

VENDREDI 25 AOUT 07

 

Ce matin on se lève tôt (7h30), car l'eau sera coupée de 9h à 12h pour nettoyer les citernes sur le toit (???): nous devons donc  être douchés avant!
Départ à 10h30 avec Frérot, direction: un magasin de musique conseillé par Yuki, au diable vauvert.

Nous visitons au passage une salle de pachinko. Le pachinko est une sorte de billard ou fleeper vertical et très bruyant, d'autant plus qu'une seule salle en contient, je sais pas, allez, huit rangées de 30? Il s'agit de propulser des billes et d'essayer d'obtenir des combinaisons gagnantes. Ce jeu semble être un sport national, pas du tout rentable mais irrésistible. (photo wikipedia)

 

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 Nous passons aussi par ici pour un p'tit café + toilettes:

 

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Le quartier est visiblement en pleine transformation: vieilles bicoques et immenbles neufs se côtoient:

 

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 petites rues et voies rapides aériennes superposées également!

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Mais nous voici enfin arrivés: ce magasin de musique est spécialisé en gagaku et vend tous les instruments, accessoires et partitions concernés. Je vois donc enfin un orgue à bouche! Hélas, le prix, bon, tant pis...

 

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Par contre je découvre le itchiriki, petit instrument à anche double, que j'avais très bien entendu en concert mais sans arriver à voir ce que c'était.  Le  vendeur me fait une démonstration, presque un cours: nous trempons l'anche dans du thé vert tiède, et je souffle dedans en pinçant bien: j'y arrive! J'en achète un en plastique, avec une méthode en japonais certes mais suffisamment imagée pour mon usage, et avec plein de morceaux en notation occidentale.

 

Frérot, lui, rêve devant un biwa:

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Nous mangeons dans un petit restau... indien, ça change. La cuisine me paraît très épicée, j'ai déjà perdu l'habitude!

 

Et nous prenons le train direction Ginza, (quartier des grands magasins), d'abord pour la grande librairie internationale  Maruzen, où je trouve un livre de photos pour Isa, et un autre de poterie pour Christian, des livres et papiers pour origami mais pas de livre pour enfant convainquant qui n'existerait pas en français.

 

Puis nous traversons l'avenue pour prendre un thé selon les indications de Haru, dans un salon de thé très chic: thé vert moussu froid et petit gâteau très japonais (= minuscule mais très nourrissant, en pâte de farine de riz avec un coeur  en pâte de haricot rouge. Ça peut paraître affreux décrit comme ça mais c'est délicieux!

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Puis passage rapide dans un grand magasin de CD, genre de FNAC locale, avec beaucoup de "musiques actuelles locales". Je trouve tout de même un CD de Kabuki et un autre de Gagaku.

 

Ensuite entre deux stations de métro nous visitons le siège d'Ariane Espace Japon, au 31ème étage d'un grand immeuble luxueux avec un Starbuck's café au rez de chaussée. (et des restaurants au sous-sol me dit Frérot qui doit savoir de quoi il parle)

 

Il me fait visiter son bureau et ceux de ses collègues: il n'y a  pas trop d'espace mais ici c'est normal. Il y a par contre une super vue sur Tokyo, la résidence du 1er ministre et le Palais Impérial.

 

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Je rencontre deux de ses collègues et une secrétaire qui nous fait un café et nous offre d'excellents gâteaux secs... japonais! c'est-à-dire de forme géométrique et lisses, pas comme chez nous où les industriels essayent de faire croire qu'ils les façonnent à la main.  Ils viennent de sa région d'origine dont je ne me rappelle pas du tout le nom et ont l'air renommés. 

 

Je visite aussi les toilettes qui ont un tableau de commande digne d'Ariane, dont un bouton pour déclencher des sons: musique ou bruit de ruisseau cascadant gaiement, pour masquer les vrais bruits naturels je suppose! 

 

Retour à Seijo. Nous achetons les billets de train pour aller demain à Narita , et je me balade un peu toute seule au soir tombant (18h) en faisant très attention de ne pas me perdre, et je ne me perds pas! Je me sens presque dans "mon" quartier et j'ai le coeur serrré de repartir en ayant été si bien accueillie et immergée, en ayant vu tant de choses, tant de gens. Tout en me sentant fondamentalement étrangère, je pense que je pourrais facilement vivre ici parmi ces tokyoïtes très occidentalisés.

 

Je rentre en criant « Tadaima! » fièrement comme il faut! ça veut dire "je suis de retour!" et c'est comme ça qu'on fait ici.

 

Bagages, tri et échanges de photos avec Frérot, re-bagages. Tout rentre dans le sac mais j'espère qu'il n'est pas trop lourd!

Repas délicieux préparé avec amour par Haru. Je vais regretter...

 

SAMEDI 26 AOUT 07 

Le lendemain nous nous levons tôt, je pèse mon sac... et en sors quelques kilos de documents pas vraiment utiles que Haru m'enverra par la poste.

 

Frérot m'accompagne. Dès la gare centrale de Tokyo, attendant le train pour Narita, je retrouve des visages occidentaux comme moi (j'en ai très peu vus pendant mon séjour), munis de gros bagages comme moi.

 

A l'aéroport il y a une foule incroyable, des files d'attente invraisemblables, c'est un peu la panique à tous les étages. Heureusement que Frérot est là, car je ne comprends rien aux annonces, même en anglais! Il eût fallu viser 3 heures d'avance plutôt que 2, mais finalement j'arrive à passer à temps à l'enregistrement. Frérot me laisse et je continue le parcours seule, tout est fléché sans problème.

 

A la porte d'embarquement en face de la mienne il y a un départ pour Beijing, et je saisis vraiment maintenant la différence d'accent! Le chinois est tout en glissandos ascendants et descendants sur un bon octave, et le japonais se parle presque tout droit, avec un ambitus de tierce, sans plus.  

 

Apparemment la panique de la salle d'embarquement s'est propagée car tous les avions ont du retard, le mien aussi.

 

Retour sans problème. les 11 heures passent vite. A Paris il fait beau et chaud et c'est plein de français roses et gras et pas élégants et je comprends toutes les conneries qu'ils disent, c'est bien triste.

 

A l'embarquement, les hotesses hallucinent de voir qu'au Japon, au pays de l'organisation parfaite, mon numéro d'enregistrement a été écrit à la main, au stylo, et non pas imprimé comme il se doit. Je leur dis d'un air blasé:"Ah oui ce matin c'était la panique à Narita!" comme si j'y allais tous les week-end! (pincement au coeur)

 

L'avion prend 3/4 d'heure de retard pour cause de bagages embarqués sans leurs passagers! La clim et mortellement froide et mon métabolisme déjà chahuté par le changement d'heure ne comprend plus rien à rien.

 

Et voilà, il est 20h45 quand je retrouve Toulouse, et l'ami Pierre venu me chercher. Par contre je ne retrouve pas mon sac: il est resté à Roissy, eh oui! Je le récupérerai le lendemain.

 

;;;;;;; 

 

Là se termine ce récit à rallonges. Je suis revenue depuis plus de 5 mois et tous mes souvenirs se mêlent en impressions enchantées. Il me semble tellement difficile de partager cette quintessence personnelle!

 

 

Alors je n'ai plus qu'un mot à dire, enfin deux: allez-y!   

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samedi, 05 janvier 2008

Tokyo 07 J11: kabuki et danse trad.

JEUDI 24 AOUT 07

 

Ce matin, départ à 9h45 pour le Kabuki-za Theater! Le kabuki est un type de théâtre traditionnel, joué uniquement par des hommes cette fois, comme le nô. Je ne fais pas bien la différence entre le nô, le kyogen et le kabuki, le nô étant en principe plus savant, le kyogen étant un nô populaire, et le kabuki encore plus populaire??? En tous cas le dans le kabuki les acteurs ont un maquillage très élaboré (dans le nô et le kyogen ils portent des masques) et je crois que la principale différence est dans les sujets abordés; les musiques également sont différentes, le kabuki a son propre type d'orchestre comme j'y ai fait allusion dans ma note sur le riûteki, flûte de kabuki. Je vous renvoie à wikipédia d'où est tirée la photo suivante, pour de plus amples informations! 

L'acteur de kabuki  Otani Oniji II dans le role de Yakko Edobe, de Toshusai Sharaku, 1794:
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Le bâtiment déjà est bien particulier, d'autant plus qu'il est coincé entre des immeubles modernes.

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L'intérieur  fleure bon son antiquité boisée, et nous avons deux places dans la première loge!

la scène et son rideau:

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la salle en cours de remplissage (ce sera complet):
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La loge: entrée avec guéridon de bois laqué; puis un rideau de velours rouge; après le rideau, un tatami surélevé avec deux coussins et deux dossiers amovibles et souples, et un espace creu devant pour les jambes. On peut donc s'asseoir soit en traditionnel (à genoux), soit en moderne (assis comme sur une chaise). Le bord de la balustrade fait table, et une thermos d'eau chaude avec deux verres en carton comportant un système d'infusion pour le thé (vert of course) nous attendent.  Bois, velour. De l'autre côté de la salle il y un chemin d'entrée de scène surélevé qui va du fond de la salle jusqu'à la scène: le "chemin des fleurs", comme pour le nô, et qui permet aux acteurs d'entrer lentement.

Acteurs sur le chemin des fleurs, donc au milieu de la salle. Les loges d'en face de la nôtre s'arrachent à prix d'or car on peut voir les vedettes de tout près!

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Nous sommes à la représentation d'onze heures: il y en a deux autres, à 14h45 et 18h, et le tout forme le "Grand Kabuki". Je crois que certains spectateurs y passent la journée?

La première partie (de notre première partie, donc) est une pièce uniquement parlée, les effets sonores et musique sont enregistrés. C'est une histoire compliquée d'amour entre un souffleur de verre et une servante-princesse, mais celle-ci doit épouser le gouverneur anglais (moche et ridicule comme il se doit), et il y a un frère révolté, et tout et tout. Même avec le synopsis sous les yeux j'ai du mal à suivre! 

La princesse et le souffleur de verre dans son atelier:

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Safemme  qui pense à tout  nous a commandé un "pique-nique" pour l'entracte, qu'on nous dépose discrètement sur le guéridon d'entrée de la loge en temps et heure idoines.   A l'entracte donc, tout comme au Takarazura, tout le monde déballe sa boîte-repas, dite bento, apportée ou commandée ou achetée sur place, assis à sa place dans la salle, ça fait vraiment drôle! Et que je te tricote des baguettes dans les petits casiers... Frérot et moi avons une version luxe dans une boîte en bois laqué, pleine de petits trucs très bons, et de riz chaud. Dans la salle, il y des boîtes de toutes formes géométriques, et toutes divisées en petites cases avec des mini portions, mais au final ça fait des repas tout à fait suffisants! J'imagine la même chose en France, le dépotoir que serait la salle après l'entr'acte! Ici non, tout disparait proprement dans les petites boîtes, et en route pour la suite. 

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Deuxième partie: une histoire-prétexte avec beaucoup de morts, beaucoup de danses et les (très) longs cheveux noirs d'une femme coupés, ce qui semble être pire que la mort. Comme pour la première partie, le héros met un temps fou à mourir en se faisant hara-kiri et continue à chanter et à déclamer sans problème, on se croirait dans un opéra de Verdi!  Et ça hurle à la mort dans tous les coins, il faut dire qu'une petite armée se fait mettre en pièces.

C'est chouette comme tout, surtout que cette fois il y a des vrais musiciens sur lesquels j'ai la meilleure vue puisque ma loge est quasiment au bord de la scène et à la même hauteur! Je vois même leurs partitions: elles sont écrites en très gros, sans doute car on n'y voit goutte.

Ils sont installés sur trois niveaux: de haut en bas, une rangée de 4 shamisens, une  de 4 chanteurs, et au niveau du sol le flûtiste de rigueur et ses 3  percussionnistes. Il y en aura d'autres, épisodiques et planqués dans les coulisses: orgue à bouche, koto, gong...  

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Après la représentation nous rentrons à la maison et là ce sont les préparatifs pour la party organisée par Frérot et Safemme: comme ils ne m'ont pas trouvé de spectacle de danse traditionnelle, ils ont invité une amie à eux qui pratique cet art et va se produire chez eux, devant une dizaine d'invités. En fait ça leur a donné beaucoup de travail parce que Noe, la danseuse, a besoin de pas mal de choses pratiques: espace, éclairage, rideaux, sono... et une chambre pour se préparer avec coiffeuse et grand miroir... Belle-Soeur, son mari et son fils sont arrivés pour aider à la préparation.   Noe danse admirablement. Il fait très chaud et la pauvre dégouline sous son kimono traditionnel. Eventail, ombrelle, masques, elle nous propose un spectacle complet en deux parties.

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Je lui assure l'entracte (elle doit se changer et c'est pas une mince affaire) à la flûte (traversière occidentale, hein, hé ho!) en jouant deux pièces françaises: Marin-Marais et Debussy. Plutôt pas mal je pense, sauf quelques sons graves difficiles pour cause de patinage dus à la chaleur!  

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Ensuite les bento arrivent (eh oui, on peut en manger chez soi aussi!), et la soirée se poursuit en parlant français, anglais et japonais. C'est très sympa, il y a là des personnes bien intéressantes. J'ai en particulier un échange très touchant avec Yuki (ma petite prof de gagaku de la veille) qui me parle de mes musiques (je lui ai offert un CD) et de sa vie à réorienter.

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Il faut presque mettre les gens dehors, pourtant il n'y a pas de saké! En fait ce genre de soirée, c'est-à-dire être invité chez quelqu'un, se fait très rarement ici et les invités ne savent pas quand il est de bon ton de partir... donc ils restent! Frérot s'en sort en remerciant tout le monde à la cantonade et en leur souhaitant bon retour, ce qui est très bien pris alors qu'en France ce serait un peu malpoli. Il m'avoue après qu'il a dit aussi que j'étais très fatiguée... Nonmého! Mêm'pavré! 

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J'aime bien ces deux dernières photos où on voit (en haut) Lafemme de Frérot (à droite) et une amie s'apprêtant à boire une tasse de thé, et (en bas) Yuki buvant, dans une pose féminine typiquement japonaise: on tient la tasse d'une main par en-dessous et l'autre main tient le bord opposé: quand on boit cette main vient cacher la bouche. Je trouve ça furieusement classe et je me suis surprise à faire pareillement moi-même, c'est trop joli.
Je me couche heureuse mais tout à coup le coeur serré: plus qu'un jour, je repars après-demain!
(...à suivre)

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lundi, 17 décembre 2007

Tokyo 07 J10: ryûteki et yukata

MERCREDI 22 AOUT: JOUR 10


podcast

Rencontre avec Oofuku Yuki, jeune femme responsable des programmes français d'éducation  pour la chaîne NHK.  Jeune très sympa, très vive, et qui parle plutôt bien français, ce qui ne gâte rien au niveau communication. Elle s'est mise il y a un an à apprendre la flûte et c'est devenu une passion pour elle. Frérot l'a trouvée pour moi sur internet, comme les autres flûtistes que j'ai rencontrés!

C'est elle qui se déplace, et elle arrive chez mon frère avec une fue qui est en fait un ryûteki (fue = flûte, ryûteki = flûte utilisée dans l'orchestre du théâtre gagaku)

Et elle m'en offre une, comme ça, paf. En plastique, mais tout de même!

La zique ci-dessus est extraite d'un CD où joue son professeur, qu'elle m'a donné pour compléter le cours. Je n'ai aucune indication ni de nom ni de titre, Yuki si tu me lis, dis-moi tout! J'ai choisi cet extrait parce qu'en accompagnement du ryûteki on entend un instrument merveilleux que j'adore: le shô, ou orgue à bouche, formé de quelques petits tuyaux d'orgue reliés à leur base sur une cavité dans laquelle on souffle.

Mais revenons au ryûteki! Nous voilà dans les explications: on s'en sert pour le nô, c'est un instrument et une musique très anciens qui viennent de Chine, etc... Yuki quant à elle fait partie d'un groupe qui ne joue que des musiques qui ont mille ans!

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Et hop au boulot. Il faut s'asseoir en tailleur, les hanches à 13h30 par rapport au public. Elle me montre les doigtés, et on y va!

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Ça marche plutôt bien sauf que je joue un demi-ton plus haut qu'elle, et je n'arrive pas à couvrir assez l'embouchure pour faire baisser la note sans que le son se barre... Sinon cette fois-ci la notation se fait en caractères chinois, heureusement elle sait me les dire en do-ré-mi etc. On lit de haut en bas et de droite à gauche. J'aurai vu de tout, solfégiquement parlant! Il y a aussi des petits signes particuliers à apprendre pour les « actions » qui consistent à, par exemple: passer le doigt sur le trou de droite à gauche (le son descend et remonte), ou encore: tourner l'embouchure pour un léger glissando; et autres subtilités.  

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A mon niveau je trouve que je m'en tire plutôt bien , techniquement et solfégiquement; mais quelle mobilisation de neurones pour lire une nouvelle notation et jouer avec de nouvelles données (position, doigtés, gestes...) !

Après le cours nous allons manger dans un restau sympathique  avec une charmante tenancière aux cheveux blancs coiffés en chignon qui vient nous parler avec quelques mots de français. C'est très bon (le repas).

Il y a un joli patio mais chaleur et donc clim obigeant nous devons le contempler derrière la baie vitrée.

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Ensuite nous rentrons à la maison. Je tape mes compte-rendus, je trie mes photos, etc...   Haru et moi attendons que le soleil soit assez bas  et qu'il fasse moins chaud pour sortir faire les magasins.

Haru m'emmène dans un magasin de kimonos traditionnels. J'achète un yukata chic avec une obi pour Chéri:

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un autre  pour moi, avec obi,  et plein d'accessoires pour saucissonner la bête sans que rien ne pendouille ni ne dépasse. J'ai droit à l'essayage sur un tatamis entouré de grands miroirs , et voilà, à défaut de la tête j'ai un corps de japonaise en kimono, c'est-à-dire que toutes les formes sont soigneusement cachées: seins aplatis, chute de rein comblée, etc. Je ne dis pas que dans mon cas la perte soit bien dommageable mais je me sens un peu niée en tant que femme malgré tout. Réaction occidentale ou réalité? 

En plus il fait très chaud là-dessous alors que c'est un vêtement d'été! Mais bon, allez, c'est très élégant.

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Je complète la panoplie par les chaussettes spéciales, qui ont une semelle rigide, se ferment avec des agraffes derrière la cheville et ont le gros orteil séparé, et des "geta", c'est-à-dire les socques traditionnelles que je n'ai vues portées qu'au théätre. Les japonaises en yukata dans la rue en portent, mais sans les blocs de bois (on les comprend...)
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Les geta ont ceci de particilier qu'en les important dans un foyer occidental, le mien par exemple, elles mettent en transe joyeuse toute fillette de 8 à 14 ans de passage. Les fillettes ne quittent alors le foyer si bien nanti qu'à regret.

J'ai aussi ramené un yukata "traditionnel moderne" pour enfant, c'est-à-dire composé d'un short et d'une veste croisée courte pour pouvoir bouger, quand-même!  La petite fille à qui il était destiné l'a bien porté, mais je n'ai pas de photo.

 

En rentrant de nos achats vestimentaires nous trouvons Frérot en partance pour le Bricomarché local, et nous l'accompagnons. C'est l'occasion d'une ballade à pied de nuit (la nuit tombe tôt, vers 18h) à travers ce quartier résidentiel (huppé tout de même) où les maisons avec jardin sont toutes très différentes et très jolies, soignées, et sentent le confort douillet.

De l'extérieur, le Bricomarché ressemble plutôt à, je ne sais pas, des garages mitoyens construits de bric et de broc, mais non, c'est bien le magasin. Pour entrer, il faut longer un long couloir qui en fait le tour et où sont exposés déjà des brouettes, plantes, chevets, chaises... Dedans, oui, ça ressemble à un magasin de briclolage, mais avec pas mal de choses dont j'ignore l'utilité. Haru m'éclaire sur un rayon contenant du matériel pour les tremblements de terre: petits étais en fonte, rations de survie, WC de survie! (j'ai pas bien compris le principe), haut parleur pour appeler les secours.

J'achète des jolies baguettes à offrir, en bois différents. Je reste scotchée par le rayon d'ustensiles de cuisine, tous plus beaux et en bois ou bambou les uns que les autres... trop gros pour en ramener! (Depuis j'ai découvert Paris-Store près de chez moi qui vent plein de vaisselle et ustensiles chinois et japonais.)

Le soir, nous mangeons à la maison un repas du traiteur d'Okaidyu, une chaîne de magasins d'alimentation assez luxueux. Haru me fait goûter plein de trucs inconnus. C'est fou tout ce qu'on peut manger au Japon alors qu'on est végétarien. Et on peut y aller sans remord: pas de graisse, pas de sucre!

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jeudi, 13 décembre 2007

Tokyo 07 J9

MARDI 21 AOUT

Journée avec guide. Cette fois, c'est une grande fille plutôt classe, maquillée, chapeautée et en hauts talons, prénommée Rie.

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Nous allons d'abord au Ukiyo-e Ota Memorial Museum of Art (ukiyo-e = estampes) qui était fermé hier, voir l'exposition  "Ayakashi" sur les représentations de dragons, monstres et fantômes.

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C'est un petit musée intimiste et confortable à un étage, où on laisse ses chaussures à l'entrée (il y a des chaussons et des casiers), plongé dans une douce pénombre, avec un petit espace-jardin intérieur avec fontaine, banc de pierre et plantes.

Je retrouve des représentations d'histoires que j'ai déjà croisées, au Kyogen notamment.

L'expo est divisée en trois: les monstres: voir ci-dessus la couverture du catalogue d 'expo avec  "Monster with hundreds of eyes", école Katsushika;

les spectres:

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L'estampe ci-dessus est de Tsukioka Yoshitoshi: Ōya Tarō Mitsukuni, 1865, de la série One Hundred Ghost Stories from China and Japan (Wakan hyaku monogatari).

et les fantômes:

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Les fantômes de Toko et sa femme par Utagawa Kuniyoshi

Et voici le site du musée, mais chez moi les caractères japonais ont des bugs.

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Nous allons ensuite faire les touristes à Tokyo Tower, une imitation de Tour Eiffel, rouge et blanche, avec quelques mètres de plus bien entendu, et du haut de l'observatoire (fermé-vitré) de laquelle les vues sur les tours et les toits est impressionnante. On peut parfois apercevoir le Mont Fuji, mais ce jour-ci il y a trop de brume!

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Sur cette dernière photo, nous voyons quasiment au pied de la Tokyo Tower le temple de Zojoji et bien sûr ses jardins et bâtiments annexes, immense trouée verte au milieu des gratte-ciel.

Bien sûr tout est prévu, la Tokyo Tower abrite même un petit sanctuaire shinto, des magasins (dont un autre temple: celui de Hello Kitty, entièrement rose fluo, du moins vu du dehors...) et des restaurants, etc... nous y mangeons dans un restau/bouiboui où je goûte aux oudon, sorte de grosses nouilles en farine de riz.  

Et nous repartons. Il fait moins chaud, seulement 34°!

Direction Ueno (again) où une autre partie du Tokyo National Museum nous attend avec deux expositions temporaires: l'une avec des paravents et autres cloisons de papier;

l'autre expose les "One hundred views of Edo" (l'ancien nom de Tokyo, faut-il le répéter, y'en a qui suivent pas!) par Hiroshige que justement j'aime beaucoup. Je rencontre pour la troisième fois la même estampe et cette fois je comprends enfin ce qu'implique la notion de gravure sur bois! (suis-je bête, mais non ce ne sont pas des contrefaçons illégales!)

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Pluie soudaine sur Oashi

Bien souvent le point de vue d'Hiroshige se place à moité caché derrière un arbre, une roue de charette, un paravent, etc... ce qui donne parfois un curieux effet!
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Moon Pine in Ueno
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Sujin Grove, Uchikawa River and Sekiya Village from the Vicinity of Massaki

"The mural art of Kotohira-gu Shrine" (1794):

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Je passe plus de temps aux vues d'Edo, que j'adore, qu'aux paravents et cloisons malgré les conseils avisés de ma belle-soeur connaisseuse, ahem... mais la fatigue se fait sentir. Je discute avec Rie devant un café glacé et je déclare à nouveau forfait pour les jardins du palais impérial! Je lui demande à la place un centre commercial climatisé avec des vêtements pour femme... En chemin nous croisons une rue/marché et nous nous y promenons un peu: il y a les des étals de poissons séchés de toutes sortes, des assiettes d'algues à ciel ouvert peu engageantes, des tranches de melon, pastèques et autres mangues vendues à l'unité et à l'air libre, des fritures de choses qui sentent... étonnant: je n'avais vu jusqu'ici que des aliments nettoyés, emballés, aseptisés!

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Il y a aussi des vêtement d'un goût euh... douteux, (mais très chers quand même je trouve!) un peu comme dans les magasins de fringues style western, mais avec des motifs locaux: dragons, etc... J'achète juste quelques petites chaussettes à gros orteil, à dragons et à paillettes... Je ne sais pas encore que j'aurais du en acheter au moins cinq lots de trois au lieu d'un, vu les regards envieux limite jaloux de ceux à qui j'ai offert d'autres choses!  

Puis Rei m'emmène à Ginza, le quartier des magasins chics. Nous visitons de haut en bas  Matsuzakaya, à moins que ce soit Mitzukoshi? enfin bref, les Galeries Lafayettes locales, où le style est très classe, très cher, tissus magnifiques. La mode d'automne est là, et il y a beaucoup de robes/tuniques en lainages très fins, de chemisiers fluides, plissés, brodés..., de hauts en tissu au tombé très souple. Les couleurs par contre sont un peu tristes à mon goût: noir, beige, beaucoup de gris.  Je retrouverai le même style mais un rien moins raffiné tout de même en France! Rie est visiblement tout-à-fait à l'aise et en pays de connaissance, plus qu'à Tokyo Tower ou dans les boui-bouis! J'apprendrai plus tard que ses parents sont de très grands fabriquants de kimonos traditionnels.

Mais l'heure tourne et nous avons rendez-vous à 18h avec Frérot, sa belle-mère et sa belle-soeurette qui est une fan, au théâtre nationale du Takarazuka pour une représentation! Très très couru, le Takarazuka est du "grand spectacle" joué exclusivement par des femmes (obligatoirement non mariées) mêlant chant, théâtre et danses. Il y a là des grandes stars très connues, en particuliers celles qui sont spécialisées dans les rôles d'hommes. Celles-ci travaillent leur voix de contralto, et toute la gestique propre aux hommes.

Ci-dessous: Yuga Yamato, star des stars.

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Ce théâtre est une institution nationale avec ses chorégraphes, compositeurs, musiciens et bien sûr danseuses/chanteuses et tout le personnel nécessaire à une énorme troupe permanente. Le niveau est excellent et le spectacle réellement ébouriffant même si le style tourne trop à mon goût au music'hall occidental!  

La salle est splendide, nous sommes très bien placés, au 3ème rang du balcon. Le spectacle est en 2 parties: d'abord une sombre histoire de complot et d'amour en Espagne sous Napoléon,

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et ensuite (après un entracte et ses habituels déballages de boîtes-repas, baguettes voltigeantes et lingettes raffraichissantes) une histoire de voyage intergalactique, prétexte à une débauche de danses et de musiques souvent musclées (avec au passage un arrangement du clair de lune de Debussy, et une chanson de Michel Fugain). Ça finit en revue de music hall (excellent) avec grand escalier, plumes d'autruches de toutes tailles (les plus géantes pour la vedette), paillettes, scintillements. Le tout plein de vie et de bonne humeur, et d'une technicité sans faille.

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J'ai aussi des petites vidéos mais le boulot pour les mettre ici n'en vaut pas la chandelle! Bien sûr, avec le recul je me dis poudre aux yeux, goût limite, trop occidental, etc... n'empêche sur le moment j'étais enthousiasmée. A la sortie, un japonais francophone m'a abordée en me demandant si j'avais aimé,et m'a dit "C'est très énergétique, n'est-ce pas?" et oui, c'est bien le mot.

Retour à Seijo!

(...à suivre)

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mercredi, 28 novembre 2007

Tokyo 07 J8

LUNDI 20 AOUT: JOUR 8  

Journée avec Frérot. Ce matin rien  ne presse, l'heure de lever est libre: je dors toute la nuit ou presque, jusqu'à 8h30. Ouf! C'était nécessaire...

Nous partons dans la matinée pour un musée tout neuf inauguré en février, et qui présente une exposition sur l'art japonais contemporain reprenant 100 années d'expos du bâtiment précédent, entièrement démoli et reconstruit.

Le nouveau bâtiment est une merveille de vitres et de volumes et de courbes:

 

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L'entrée de l'expo avec ses charmantes hôtesses qui toujours disent bonjour en s'inclinant et en souriant, et au revoir et merci tout pareil. Pas de problème de compression de personnel, on dirait: 3 hôtesses juste pour dire bonjour et au revoir!

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Il s'agit d'une rétrospective d'artistes japonais sélectionnés par le ministère de la Culture, autrement dit l'art qui plaît au gouvernement.

Je laisse là la parole à Frérot infiniment plus qualifié que moi pour ce genre de réflexion:

"Les deux messages implicites qui suintent des murs dès le début du 20è siècle sont les suivants: "On n'est pas chinois" (choix délibéré d'oeuvres sans canon traditionnel chinois), et "On n'est pas en retard par rapport à l'Europe (pour les genres et les écoles) et on est aussi bons qu'eux (pour le niveau technique)".  Peu à peu le message devient simplement "On n'est pas en retard par rapport aux pays développés du monde occidental et on est aussi bon qu'eux". La vitalité artistique contemporaine purement japonaise (qui existe, je l'ai rencontrée) ne semble pas intéresser le ministère, probablement parce qu'il n'y a personne à qui se mesurer."

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 Je parcours également un étage plus haut une expo de calligraphies: des centaines et des centaines de calligraphies de diverses époques et style. Ça m'aide à me faire une idée de ce que j'aime esthétiquement!
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Encore tout un monde lointain très attirant que je n'ai fait qu'entrapercevoir sans en avoir les clés!
Le musée suivant étant fermé (je le verrai le lendemain), nous rejoignons Safemme à Seijo pour un restaurant japonais de tempura: beignets de légumes, sobas, tout ça, et petit dessert trop bon de crème glacée au thé vert, le tout arrosé de thé de graines de sarrasin. Eh oui ça existe, ça s'appelle aussi du thé et en plus c'est bon.

Ensuite avant de rentrer nous passons dans une papeterie que je dévalise (enfin non, il y tellement de choses) où j'achète des « mouchoirs » japonais, des cartes postales, des carnets trop jolis, des crayons DragonBallZ, un cahier de coloriage de mangas pour filles... Bref un stock de cadeaux. Retour à la maison à 14h30.

C'est ensuite un après midi de repos (bienvenu, je n'en peux plus!) sieste, cartes postales, lessive, résumé sur PC des jours précedents, sans lequel je serais incapable de continuer ce compte-rendu... 3 mois plus tard!...  pour finir avec un bon repas d'Haru avec du « (o)fu », du tofu, des légumes, riz avec poudre de prune et poudre d'algues, salade de concombres et algues gluantes... et dessert de fruits au yaourt.

Suit le rituel du soir dont je n'ai pas encore parlé: faire son lit, ce qui n'est pas une expression en l'air, voyez plutôt:
Ma chambre de jour:
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2 petits matelas (tatamis):
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+ 1 futon 
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+ 1 natte en bambou pour isoler de la transpiration (très agréable, c'est frais et ça sent l'herbe)
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+ 1 drap du dessous en lin
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+ 1 drap du dessus et l'oreiller. Et enfin au lit.
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Et encore, on est en été! L'hiver il y a en plus couettes, couvertures... 

Au fond de la chambre: mon PC portable  que je n'aurai pas réussi à connecter à internet de tout le séjour; de toutes façons même avec le super Mac de mon frère il a été impossible d'ouvrir BlogSpirit, snif... ; et puis un thermos, ustensile très utilisé dans toute l'Asie pour l'eau chaude, mais dans ce cas pour l'eau froide vu la température! Sur la petite table, un ventilateur très apprécié; et par terre, mes tongs locales avec semelle en paille tressée.

Vous aurez compris que le matin le rituel inverse s'impose. Tout le monde expose sa literie à l'air à cause de l'important taux d'humidité (la moisissure ne passera pas), et ça fait de la place!

(...à suivre)

 

 

 

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jeudi, 15 novembre 2007

Tokyo 07 J7 (2): musique et gothic'lolitas

Nous voici donc, As(u)ka, Frérot et moi, au deuxième concert du festival des arts traditionnels.

Nous avons l'honneur d'y voir et écouter deux grands joueurs de shamisen: le père et le fils dont le numéro "fossé inter-génération" lors de l'interview du gentil animateur est bien au point, mais démenti ensuite par le duo de feu qu'ils nous offrent: sans de longues heures ensemble et une bonne entente plus que musicale cette qualité est impossible!

Ci-dessous, deux mini-extraits en solo: le fils moderne à l'attitude très sobre, et le père traditionnel à l'attitude extravertie.

Ensuite place au théâtre: une démonstration de kabuki, théâtre joué exclusivement par des hommes et plus populaire que le Nô, et ici en l'occurence très adapté à un public d'enfants: carrément comique et surjoué par rapport à ce qu'on voit d'habitude! Vous noterez l'utilisation de l'éventail (fermé) qui sert en théâtre d'accessoire à tout faire.

Je ne comprends pas grand chose à l'histoire mais c'est marrant quand même. Quand Frérot me raconte le scénario je vois que je ne pouvais pas deviner faute de culture appropriée! 

Entre-temps, avant, après, pendant les entractes, comme à tous les spectacles où je suis allée, nous entendons la diffusion d'un flot ininterrompu de baratin en japonais émaillé de arigato gozaïmas(u) à tous les coins de phrases: il s'agit des consignes de sécurité, et d'interdictions en tous genres: de photographier par exemple. Frérot profite de son physique étranger pour faire semblant de ne pas comprendre!

En sortant du concert, un mère baba-cool et sa fille traditionnelle:

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Et puis en sortant de Meijo, le rendez-vous des jeunes tendance lolita-gothic-mangas, plutôt sympathiques et aimant se faire prendre en photo!

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Et puis c'est le retour: encore quelques métros, trains, stations, etc... A cette heure-ci il n'y a pas grand monde, on se voit (et on se photographie) d'une banquette à l'autre!
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Je voulais photographier ces lycéens endormis mais ils ne dormaient que d'un oeil et vous les voyez soudainement éveillés par l'annonce de la prochaine station (en japonais, en anglais, et en nous remerciant bien d'utiliser cette ligne en japonais seulement.)
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Puis c'est le retour pour un repas à Seijo (chez Frérot), en passant acheter du vin car Asuka aime tant ça!
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Euh non ça c'est le rayon saké, juste à côté, scuzez-moi!
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Charmante, isn't she?
Je me suis alarmée voir sa peau se marbrer de rougeurs au cours de la soirée: il parait que les japonais ne supportent pas le vin comme les européens: certains virent au rouge, certains virent au blanc, d'autres encore ne peuvent pas en boire une goutte sans tomber malades. Question de métabolisme. Mais ne vous inquiétez pas, ils ont le saké et la bière: des siècles et des siècles d'entraînement!
(... à suivre) 

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mercredi, 31 octobre 2007

Tokyo 07 J7 (1): Ueno et Shibuya

DIMANCHE 19 AOUT: JOUR 7

Journée avec guide. Frérot, occupé ailleurs, me met dans un train (direct) et je roule toute seule jusqu'à destination! Je ne me trompe même pas de station... Il faut dire que même si maintenant presque toutes les indications sont aussi écrites en lettres, le shéma du réseau de trains-métros de Tokyo est particulièrement redoutable, avec des trains qui sautent des stations et d'autres non, plusieurs compagnies qui cohabitent, et peu de chance de se faire comprendre en cas d'embrouille.

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Bref, munie de la liste des stations de ma ligne, je descends à la bonne, et j'attends ma guide au milieu du quai. Vu le peu d'occidentaux qui traînent à Tokyo, je ne pense pas qu'elle puisse me rater. Une jeune fille en effet me tombe dessus: « Madame Brigitte Claudon? » C'est Satuka (prononcer Satka), très jolie, très fine, très vive, bref, absolument charmante.

 

Nous voilà parties au parc d'Ueno. C'est un immense parc où on trouve un zoo, des musées et un petit lac avec des pédalos en forme de gros cygnes américainement très ridicules.

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 L'ambiance de ce parc est un peu différente de ce que j'avais vu jusqu'ici: il y a beaucoup de personnes qui dorment ou se reposent sur les bancs ou par terre sur des nattes ou des plastiques avec des sacs plus ou moins gros à leur côté, bref, qui ressemblent à des SDF ou je ne m'y connais pas! Il y a aussi beaucoup de ces gros corbeaux qui pullulent à Tokyo et lancent des cris sinistres. Satuka me dit qu’elle en a peur, et c’est vrai que parfois ils attaquent les passants à coups de bec ! Heureusement, je n’ai pas eu l’occasion de le vérifier moi-même.

Par endroits au coin d’une allée on peut voir un groupe de musiciens : jazz, rock, tout style intermédiaire, et plutôt bons. 

Nous visitons le musée national de Tokyo (dans l'enceinte du parc), avec une expo temporaire  finement sous-titrée «Let's zen » et qui présente des statues, peintures, et objets bouddhiques, dont une partie viennent de Chine et l'autre des temples renommés de Kyoto: ça tombe bien, je ne pourrai pas y aller, et les plus  belles pièces (?) sont ici! Il y a entre autres une très belle maquette du Temple d'Or.

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Nous parcourrons plus ou moins vite l'exposition permanente du musée. J'aime particulièrement une salle qui présente des jouets anciens: jeu de « mémo » avec des petites scènes et paysages finement peints à l'identique deux par deux dans des coquillages ; des dragons et serpents articulés en métal; une poupée assez effrayante avec son visage en masque de Noh; un jeu d'encens (reconnaissance d'odeurs?): boîtes, bâtons, petits éventails, socles percés, etc..., et des toiles peintes de jeux « de l'oie » avec différents thèmes. Et aussi des peintures représentant des enfants en train de jouer à ces jeux. Mais au magasin du musée, aucune carte postale de ces objets! Même mes investigations sur internet au retour n'ont rien donné. Mystère... Dommage. 

 Autre déception: le tableau d'Okusai (la vague avec le mont Fuji au fond) est bien dans ce musée, mais actuellement en restauration! Il y en a d’autres exemplaires puisque que c’est une estampe, hélas je n’en verrai aucune dans mon séjour. Une bonne raison pour revenir.

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Ensuite nous partons vers le quartier Asakusa  où il y a des petites rues anciennes qui donnent la nostalgie de quand tout était comme ça! Maisons basses en bois sombre, petits "cafés", restaurants de sobas, pots de fleurs dans les recoins.

Il y a aussi des galeries commerçantes bondées de touristes canalisés entre deux rangées de petits commerces d'objets « typiques » de toutes sortes, pour touristes me dit Satuka, alors je me retiens, sauf quand-même pour des chaussettes rouges et roses à fleurs avec orteil séparé

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et un petit kaléidoscope mignon très "jouet de base local" (pour Lili).  

Nous mangeons dans un restaurant de soba (nouilles) assez chic, très japonais c'est-à-dire sobre, simple et beau, avec du bois, de beaux meubles, de la belle vaisselle. De l'extérieur, ce genre de restaurants se reconnaît par une porte d’entrée surmontée de deux ou trois petits fanions (enseignes: noren) carrés blancs ou noirs ou beiges avec des trucs écrits en japonais (le nom et la spécialité du restau). Noren accroché = restau ouvert. 

Nous mangeons assises sur un tatami. Il faut bien sûr se déchausser avant d'y monter, et je manque de m'étaler en enlevant ma deuxième basket: elles sont lacées trop serrées et je ne peux pas, comme Satuka, simplement faire glisser l'une de mon talon avec la pointe de l'autre, monter élégamment sur le tatami et m'y asseoir gracieusement!

Les sobas froides de Satuka sont servies sur une assiette en bois carrée comprenant un tamis de paille tressée pour l'égouttage. Il y a à côté un petit bol avec de la sauce: elle trempe les sobas dans la sauce avant de les manger (voir jour 2) mais ensuite, quand elle a fini son plat, on lui apporte une sorte de théière carrée rouge qui contient de l'eau de cuisson des sobas (chaude): on en verse dans le bol de sauce, on touille et on boit.

(photo pas de moi, trouvée sur Google mais là je ne retrouve plus le lien, sorry)

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Mes sobas chaudes sont servies dans un grand bol avec des légumes « de montagne », des champignons et de cette substance blanche gluante qui est végétale (l’intérieur des gombos ?). Et bien sûr comme presque toujours quelques petites algues qui vont bien. C'est bon.  

Je commence à avoir une petite idée des objets que j'aimerais ramener en cadeau. Je commence aussi à comprendre qu'en fait ce n'est pas cher! Comme il y a plein de zéros ça fait peur, mais en réfléchissant bien, en gros 15.000 yens valent 100 euros, donc une broutille à 150 yens ne fait qu'un euro, donc un truc qui coûte 3000 yens coûte 20 euros???  Je crois que je vais pouvoir ramener pas mal de choses...  

En continuant la promenade après le restau, je m'aperçois avec surprise que la grande "galerie marchande" (Nakamise dôri) est en fait l'allée qui mène au temple! Pauvre Bouddha, pauvres moines. La foule de touristes est très dense et très bruyante. 

Le temple d'Asakusa se caractérise par des lanternes géantes, l'une sous le premier portique: Kaminari-Mon, l'autre sous l'entrée du bâtiment lui-même. Il y a aussi, au pied de l'escalier un énorme encensoir: avant d'entrer on se purifie avec des vapeurs d'encens (tout le monde agite la main pour faire venir la fumée sur soi). Souvent on trouve aussi à l'entrée des temples une fontaine avec des louches en étain: on puise de l'eau et on s'en verse sur les mains (à côté de la fontaine); on peu aussi en boire un peu (et laver la louche avant de la reposer pour le suivant)   Le temple: ouais bon, toujours pareil. On n'entre pas, on regarde de l'extérieur. Il y a une cérémonie, je ne sais pas comment ils peuvent se concentrer avec ce bruit!

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Ensuite nous décidons de ne pas suivre le programme prévu (c'est à nouveau le jardin impérial qui passe à la trappe)  et de filer à Shibuya pour trouver un vêtement pour Coline. Satuka sait où aller: il y a une rue plutôt pour la mode des collégiennes, où nous n'irons pas, et en voyant le compactage impressionnant de la foule qui s'y presse je suis fort heureuse d'avoir une fille trop vieille!

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et un gratte-ciel plutôt pour la mode des lycéennes le célèbre Shibuya 109.

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 En effet il y a essentiellement des filles partout. La déco des magasins est hyper branchée, les lieux très bruyants (musiques assourdissantes), très sombres + éclairages fluo ou spots, etc... Très tendance, donc. Je trouve assez facilement un petit haut moderne, classe et jeune, enfin je crois, on verra l'avis de l'intéressée!  

En repartant vers notre prochain rendez-vous, j'entre dans un magasin de T-shirts avec inscriptions et j'en cherche un pour Sunné. Je me fais traduire ce qui est écrit dessus et je fais bien: Satuka me signale des choses « pas très polies »...

Il y  aussi beaucoup de ces gros sabots en plastique (Croc...) de toutes les couleurs que j’ai vu pour la première fois en vitrine à Barcelone, puis à Toulouse : eh bien beaucoup de japonais en portent. Ils les personnalisent avec des pinns glissés dans les trous d’aération!  Je ne comprends pas bien comment on peut porter sans dommage du plastique par 35° à l'ombre, mais bon...

 Et nous rejoignons Frérot au parc du Meijo Jingû où nous étions déjà hier, pour un autre concert.

(... à suivre)

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mardi, 23 octobre 2007

Tokyo 07 J6 (3): concert et feu d'artifice

 
Ce même soir et dans le même bâtiment, il y a un concert d'arts traditionnels: théâtre "kabuki-like" et musique "nô-like", entendez par là que le spectacle est adapté à l'air du temps et aux enfants nombreux dans la salle, c'est-à-dire varié, pas lent, amusant. Les acteurs et musiciens cependant sont des sommités et nous éblouissent par leur énergie et leur haut niveau technique! Je crois qu'ils s'amusent bien et profitent de l'occasion pour se lâcher.

Mon frère m'explique qu'il cherchait pour moi un concert de ce genre mais qu'on ne pouvait pas acheter de places: il fallait participer à une loterie pour les gagner gratuitement! Par chance il a gagné 3 places pour deux concerts de la série. Autre curiosité: les places ne sont pas numérotées, mais on distribue dans l'ordre d'arrivée des tickets numérotés (comme chez nous au rayon fromage) (c'est un exemple, je dis "fromage" parce que ça m'arrive de prendre un ticket pour, mais j'aurais pu dire "bijouterie" ou "boucherie", chacun son style, hei