« 2006-10 | Page d'accueil | 2006-12 »

jeudi, 30 novembre 2006

Brouillard

Dernier jour de novembre, premier jour froid.

Ce matin le brouillard persiste, accroché aux creux, empêché par un ciel bas de s'évaporer, retenu par un froid collant aux herbes et aux branches. Le grand peuplier, dit "argenté" perd son or, incontinent.

medium_brouillard_002.jpg

"Oyouah, y féé cru", diraient les gens de là-bas d'où je viens.

"'Tting ça cailleu ce mating, cong" disent plus volontiers ceux d'ici. 

Moi je me suis levée tard (j'étais malade, ça va mieux, merci), et j'ai fait ça:

medium_feu_2.jpg

 

et puis j'ai pris le temps de visiter plein de blogs en cliquant sur des coms, de l'un à l'autre zigzaguant, en confiante errance.

Eh bien voilà: je suis émue. Emue d'avoir rencontré, oui, rencontré toutes ces personnes au ton, aux propos, au profil si différents, mais qui toutes se livrent, s'exposent, s'expriment, certaines avec pudeur, d'autres en provoquant, certaines en se racontant sans fard, d'autres en inventant une fiction qui les révèle tout autant. Humour, tragédie, emporte-pièce, analyse fouillée... chacun dans son style, et tous ces propos s'entrecroisent, se trament en un tissu couleur d'espoir.

 

mercredi, 29 novembre 2006

Allez, ce matin je refais le monde.


podcast
Ce matin en prenant ma douche je réfléchissais (je n'ai pas le même lieu d'inspiration que certains qui se reconnaitront s'ils traînent par ici) (question de tempo biologique sans doute).

Bref.

Et voilà qu'apparut à mon esprit exceptionnellement affuté pour l'heure matinale que les enfants et ados avaient un rythme de vie carrément insensé. Enfin ça je l'avais déjà pensé, mais ce matin m'apparut clairement LA solution qu'aucun ministre n'en a seulement rêvé tellement ils ont pas de couilles pour changer les mauvais plis un peu profonds.

1er constat: les enfants passent 6 ou 7 heures par jour à l'école/collège/lycée; ensuite ils se précipitent à la danse/judo/musique/foot/théatre/etc...., la plupart ayant 2 activités, l'une sportive, l'autre artistique.

2ème constat: les profs/animateurs/etc... des dites activités commencent leur journée vers 16h30/17h et finissent à pas d'heure, sauf mercredi, journée de ouf.

3ème constat: chaque patelin a ses écoles/collège/lycée avec des profs de musique, arts plastique, sport, etc... et les infrastructures qui vont avec, financées par la région et la municipalité.

4ème constat: chaque patelin a son école de musique, école de tennis, école de danse, MJC, etc... et les profs, animateurs et infrastructures qui vont avec, financés/payés/subventionnés par la municipalité.

Alors, que je m'dis, pourquoi pas prendre tout ça, secouer, mélanger, et hop!

Et voici:

Les enfants/ados vont en classe (ouais quand-même): cours intellos euh... "importants" le matin jusqu'à genre 12-13h. Ecoles collège, lycée sont mitoyens; les batiments sont spacieux et abritent des salles de sport, un stade, un auditorium, des terrains de tennis, des studios de musique, etc...

L'après-midi les jeunes ont accès à toutes les activités extra-scolaires,  mais sur place: pas besoin d'attendre les parents pour se faire conduire en voiture. Ces activités sont fusionnées avec les cours de sport, musique, arts plastiques... Les pions aident au bon déroulement, il y a aussi des gens pour le soutien aux devoirs, le CDI et la médiathèque ont fusionné aussi et sont ouverts! 

Quand les jeunes rentrent chez eux vers 18-19h, tout est plié: devoirs, activités. Y'a plus qu'à manger et se vautrer devant la télé/MSN/Playstation.

Et le soir, c'est les adultes qui viennent chanter, courir, etc...

L'éducation nationale, le ministère de la Qulture et les municipalités ont fusionné dans un grand élan d'amour et se tenant tendrement par la main comptent les pépettes économisées.

Comment ça j'ai rien inventé?

Comment ça y'a des pays où ça se passe comme ça?

Et leurs jeunes sont pas plus cons que les nôtres?

Bon, allez c'est mercredi, je vais apprendre aux djeunes à souffler droit, agiter grave les doigts, et avec ça jouer des trop belles musiques. Yesssssssssssssssssss!

 Au fait, dans le podcast, c'est ça:

diabaram

 

mercredi, 22 novembre 2006

A la crèche (mais non pas celle du p'tit Jésus!)


podcast

medium_cordon_pictural_.jpg


 

Le mercredi matin, je vais à la crèche (là ouske des gentilles dames gardent les pôv'chous des méchants papas et des méchantes mamans qui préfèrent aller bosser) J'y vais, donc, avec un énorme sac plein de tambourins, maracas, harmonicas, castagnettes et j'en passe, et aussi une bonne vieille guitare solide. Je suis "Brigitte la Musique". Je me déchausse, je me lave les mains et je monte chez les bébés non sans avoir déverrouillé et reverrouillé une série de barrières d'escalier, c'est assez chiant avec un gros sac et une guitare. Dans la salle, 4 ou 5 marmots crapahutent, à divers stades de moyens de déplacement: rampage, kat'pattes, chancelage, voire bombinette kamikase. Quelques autres gisent dans des transats ou sur les tapis, entourés d'objets divers et colorés. A mon arrivée ils se figent: serait-ce leur maman, mais non.

Brigitte la Musique s'installe donc sur un tapis en une charmante pose de charmeur de bébés serpents , et allez hop, on sort un instrument, un autre. Selon l'ambiance je joue de la guitare, de la flûte, des tambours. Certains bébés sont scotchés, bouche ouverte et baveuse; d'autres moulinent des bras jusqu'à ce qu'on leur donne un instrument; les moins petits me piquent mes tambourins, les arrachent des mains des autres, voire balancent un bon coup de maracas sur la tête du copain. Les cordes de la guitare aussi sont mises à l'épreuve, et je joue comme je peux entre leurs doigts. Les puéricultrices me filent un coup de main pour retenir les uns et stimuler les autres, et nous voilà en pleine création artistique de groupe! Percus, chant, guitare, ça pulse à mort, les gamins se trémoussent dans leurs couches, tapent sur tambours et autres. C'est l'éclate, l'extase. Et puis tout à coup il y en a un, assis comme un bouddah au milieu, qui se met rouler des yeux, à plisser la bouche et WOUAAAAAAAAAAAH grand coup de sirène et chagrin abyssal, un hurlement déchirant qui stoppe net tout le monde. "Eh ben Achille qu'est-ce qui t'arrive?"

Rien, il lui arrive rien Achille, il en a marre, c'est tout, de faire "musique". Alors il hurle. Quelqu'un lui enquille sa totoche dans le bec et hop, bouchon, plus de cris, plus qu'un tétement désespéré. T'en fais pas Achille, de toutes façons je m'en vais, c'est l'heure d'aller chez les grands.

Je remballe tout dans le grand sac (ils m'aident en ressortant tout), au-revoir, à la semaine prochaine! et je vais chez les grands!

Chez les grands (3 ans maxi) quand j'arrive il y a un groupe qui fait de la pâte à modeler en discutant serré sur quelle couleur a le meilleur goût et qui arrivera à s'en coller le plus sur les joues; là bas quelqu'une raconte une histoire, il y a des pouces enfoncés jusqu'à la garde et des doudous qui doudoutent à fond. D'autres font les zouaves dans, autour et sur la petite maison de bois. On se pique les jouets, on se pousse, on se tappe, on se bizoute. Corentin, (c'est toujours lui), déplace tous les meubles, ou en tout cas essaye. Mais voici "Brigitte la Musique"! Y'en a plein qui arrivent à le dire, faut dire j'ai le décodeur! Les uns se précipitent vers moi, d'autres se sauvent en pleurant... Je pose mon grand sac, Corentin a déjà réussi à en sortir ma flûte et souffle à pleins poumons.

Je m'installe au milieu des p'tits coquins et avec Cécile l'éducatrice (il y a des éducatrices, des puéricultrices, des infirmières, des stagiaires... j'y comprends rien) nous partons dans un duo  d'impro délire comme nous en avons le secret, plein d'onomatopées, de bruits marrants, de sons de bouche et d'accessoires. Les gamins nous regardent bouche bée, il vaut mieux ne pas savoir ce qu'ils pensent... mais quelques uns nous suivent. D'autres se barrent avec qui un tambour, qui des grelots. Les autres adultes s'approchent, nous nous levons, la musique continue en dansant et ça finit en grosse bamboula générale, même la cuisinière vient voir ce qu'il se passe et se retrouve dans la ronde!

Ici les petits sont heureux, à l'abri des pressions et espoirs parentaux: "Le mien il adore la musique (lire, peindre, danser, etc...), il est super-doué!" à 18 mois! Au secours! Aussi, on voit déjà lesquels sont bien partis, lesquels mal... mais rien n'est définitif, comme je le constate parfois en les retrouvant quelques années plus tard. 

L'après-midi j'ai des élèves en flûte traversière: tout autre chose. Des enfants, des ados. J'adore les ados. Je vous raconterai...

Dans le podcast et sur l'image, c'est "le cordon pictural", un CD de musiques sympas avec un livret de jolies images, pour les tout-petits. (Pierre Chemin / Média animation 1998 CMA 007)

jeudi, 16 novembre 2006

Ces chères têtes blondes

J'ai plein de sujets de notes en tête: j'aimerais vous raconter Chéri, vous raconter ex-Chéri,  vous raconter mes petites histoires et mes grandes histoires, vous asséner au passage mes avis (génialissimes bien sûr) sur la Vie, les Hommes-et-les-Femmes, le Monde et sa Cosmogonie, et les Tisanes sans alcool.

Mais aujourd'hui il me vient un grand besoin de dégoiser sur ce qui fut ma vie pendant 5 années, époque où je me vis embrasser la prestigieuse carrière de

PROFESSEUR DE MUSIQUE EN COLLEGE!

Si.

Tout d'abord, je confirme les dires d' Almeria  rapport aux vacances scolaires-trop-de-chance-ces-sales-profs: les "petites vacances" sont rigoureusement, absolument et défintivement indispensables. Pour préparer les cours oui mais surtout pour panser ses plaies et reconstituer son intégrité psychologique et nerveuse. Surtout pour un prof de musique.

Parce qu'être prof de musique en collège, ça veut dire:

1) Voir déferler heure après heure des hordes sauvages composées chacune d'une trentaine d'individus très peu individualisés mais tous en plein boum hormonal et l'énergie surcompressée par le cours précédent "important" (maths, français, histoire, anglais...). Ceci 20 fois par semaine.

2) Admettre que les hordes sus-citées ont oublié depuis longtemps (une semaine entière!) le cours précédent et tous les patients efforts sociaux, pédagogiques, administratifs, disciplinaires, et, accessoirement, musicaux, déployés par le professeur pour obtenir un semblant de cohérence et de civilisation dans la salle de musique.

3) Supporter le bruit incessant, même par temps calme. Parce que la musique ça fait du bruit. Ecouter de la musique sans la considérer comme un bruit de fond est devenu pour les ados une épreuve incongrue; l'apprentissage de la flûte à bec a été mise au programme par des inspecteurs qui n'ont jamais du mettre les pieds dans un collège de base, sauf pour les inspections où les élèves sont anormalement sages: parce que 30 flûtes à bec dans une classe d'ados facétieux, même en étant très très sévère, je vous jure que ça joue avec les nerfs plus que de la musique.

4) Supporter les remarques anodines et répétées qui sappent le moral, du genre que la musique ça sert à rien, que y'en a pas au brevet des collèges (élèves) que "vous pouvez faire un peu moins de bruit, on fait un contrôle" (le prof de la salle d'à côté, qui lui, travaille (maths, français, histoire, anglais...), que "ah, c'est en musique..." (le CPE qui valide les sanctions)

5) Remplir 600 bulletins à chaque fin de trimestre sans se répéter et en personnalisant chaque commentaire (je déteste faire mon boulot n'importe comment)

6) Se demander quel rapport il y a entre la petite fille qui apprenait à jouer du piano, puis de la flûte traversière, élevée avec France-Musique en radio de fond, puis la jeune fille balaise en solfège, en harmonie, en analyse, en histoire de la musique, les heures quotidiennes de gammes, exercices, études, morceaux..., les années de concurrence acharnée au conservatoire, de bûchage intensif à la fac..., et aussi tous les univers musicaux  que j'ai explorés par ailleurs et aimés;... tout ça pour des adolescents plus obtus que mon grand-père. Je veux dire, en classe. A cause du groupe, du nombre, de l'éducation nationale. Parce qu'individuellement et/ou ailleurs ils ne sont pas les mêmes du tout!

7) Et enfin se demander quel rapport il y a entre la musique et le cours de musique tant on passe de temps à y faire le flic.

Bon, j'ai eu quelques rares joies professionnelles et relationnelles qui m'ont payée de tous ces maux, mais franchement faut pas être difficile pour s'en contenter.

En rentrant chez moi je décompressais dans ma voiture (j'avais le temps, parce qu'en plus c'était loin) sans musique ni info, juste un merveilleux SILENCE avant de retrouver mon fils. Nous prenions un bain régénérateur ensemble (je puais la transpiration de stress) et j'essayais de m'occuper de lui sans penser au jour écoulé ni au lendemain, sauf week-end et vacances scolaires...

Pourquoi j'ai fait ce métier? Parce que jétais seule avec mon fils et quand la fin de l'API s'est profilée je ne savais faire que ça, je veux dire pour une paye qui nous permette de vivre.

Comment ça s'est fini? Quand je suis revenue de mon deuxième congé maternité, je n'ai plus pu. Et là j'avais un mari, et quelques cours en école de musique, j'ai donc pu démissionner pour commencer une reconversion.

Je vous raconterai une autre fois comment après des années de galère maintenant j'ai un métier génial que j'aime et qui me fatigue pas et où je vois plein d'enfants, d'ados et d'adultes et que je les aime tous.

Je ne voudrais pas décourager les jeunes blogueurs et blogueuses mais souvent il faut pas mal d'années avant d'être bien dans sa vie professionelle, sentimentale, sexuelle, spirituelle, familiale et j'en passe. Par contre ça console vraiment d'être moins jeune de voir comment on se sent tellement mieux dans ses pompes.

Ou bien?

lundi, 13 novembre 2006

Les majorettes du 11 novembre

Samedi, c'était le 11 novembre. Jour férié sauf que d'habitude le samedi je ne travaille pas, et là j'ai du travailler un peu.

Or donc ce matin-là, j'étais en compagnie d'un collègue et de quelques élèves debouts ,transis, devant la mairie. Parce que le 11 novembre ainsi que quelques autres jours maudits, je me dois de rassembler quelques collègues et élèves afin de démontrer aux conseillers municipaux et à quelques administrés municipaux transis devant la mairie municipale que tout l'argent municipal qui est dépensé pour l'école de musique municipale sert un peu à quelque chose. Parce que former des jeunes musiciens amateurs de bon niveau, leur permettre un épanouissement artistique vachement bien, ils s'en tappent, ça se voit moins qu'un stade de foot.

Enfin ils s'en tappent pas tous, hein, par exemple pas ma chef ni son maire (on ne sait jamais, si l'un d'eux tombe sur ce blog j'aurais gagné ma journée, moi) (par contre si l'un d'eux tombe sur ce blog, qu'ils sachent que s'ils veulent m'augmenter ce sera avec plaisir)

Bref nous étions donc devant la mairie, nos intruments (de musique) à la main. Nous avions auparavant bien répété la Marseillaire et Cie, avec les bémols, les nuances, les accents et tout et tout (parce que mon collègue D, qui dirige l'ensemble, ne peut pas s'empêcher de faire jouer le plus zoli possible n'importe quelle musique il a à faire jouer, il est musicien pas que de métier, mais de caractère, quoi.) Nous étions tous bien habillés en noir (sauf le petit trompettiste qui avait zappé, mais on l'a mis derrière), bien dignes à écouter les discours et jouer (bien) les musiques mortuaires quand il faut, sans trop de fausses notes, on s'était même accordés pendant 1/4 d'heure avant pour jouer juste, surtout les flûtes traversières ça craint, bref, on se regardait tous en se souriant, les musiciens, les anciens combattants, le maire et ses conseillers, d'un côté à l'autre du monument aux morts, en souriant parce qu'on tenait bien nos rôles même si on aurait préféré être en train de bloguer à la maison, mais il restait tout l'après-midi et le dimanche aussi,.

Quand tout à coup...

Ce fut au tour des majorettes. Pourquoi des majorettes à une cérémonie du souvenir, mystère. Pourquoi celles-là: consternation!

Car voici: quelques grandes gigues s'avancèrent. Elles étaient vêtues d'un pantalon-jupette en Lycra violet ridicule, avec un haut blanc boudinant et des grosses baskets bien lourdes. La sono se mit à déverser une tonitruante musique de plage pour ados,et elles commencèrent à évoluer approximativement en faisant tomber leur bâton.

La Honte Intégrale.

Les sourires se crispèrent instantanément, surtout celui du maire et de son adjointe. Mes élèves étaient morts de rire, le public hébété détournait les yeux, plein de pitié, les parents des majorettes se repéraient par leur regard niais et non objectif.

Comment peut-on oser s'occuper d'enfants et d'ados, même bénévolement, quand on est incompétent à ce point. Comment peut-on être obtu au point de ne pas s'adapter aux circonstances. Comment les parents peuvent-ils ne pas s'apercevoir de cette grossièreté, de ce ridicule, de ce mauvais goût.  

La cérémonie s'est achevée, le Maire s'est fendu des remerciements d'usage, il a même suggéré au micro, le lâche, que la prochaine fois les musiciens défilent avec les majorettes mais là il peut attendre, mon dévouement a des limites et de toutes façons je suis titulaire.

Je me suis consolée avec un jus d'orange et quelques cacahouettes, je n'ai pas abordé la dame qui s'occupe des majorettes, j'avais peur de lui faire mal, mais je compte bien lui faire connaître mon avis des fois que personne d'autre n'ose.

Et toi qui as lu cette note jusqu'au bout malgré que mon histoire t'importe peu, tu seras récompensé par cette petite facétie d'un histrion musicien, qui dure 3mn   (il faut regarder jusqu'au bout) Ca me fait personnellement rire, mais ça peut aussi faire pitié...

http://video.google.com/videoplay?docid=%20-1156414669221...

Bonne journée!

 

 

vendredi, 10 novembre 2006

Respirez... soufflez!


podcast
 

Devant les explosions de violence, de haine et de noirceur qui sévissent chez mes ami(-es) blogueurs et blogueuses ces jours-ci, je sens que mon rôle intrinsèque de modération immodérée et de maternisme aigu doublé d'histrionisme avide est tout tracé: une p'tite music trop cool, le temps de reprendre des forces et de lécher ses plaies.

 

 

 

mardi, 07 novembre 2006

Chat

Bien. A la demande générale, donc, (merci Isa) je vais écrire une note sur le chat.

Que voici dans ses oeuvres.

Vous remarquerez la parfaite adaptation de l'animal à son environnementmedium_Taiga_radiateur.jpg: couleurs d'un assort au goût certain et formes imbriquées au millimètre près!

Voici donc Taïga, plus communément appelée Chabidou par mon Chéri qui est un peu... euh... comment dire, enfin, il est ce qu'il est, voilà, (il ne dit plus "Dis camion!" (voir autre blog très très célèbre) mais je me garderais bien de lui rappeler cette facétie sinon on en a pour des mois, rahlala le comique de répétition ça va un moment mais faut se le... etc... etc...)

Je ne vous dis pas comment Fifille appelle Taïga depuis qu'elle (Taïga) s'est oubliée sur son sac de sport préféré, il y a quelques années de ça mais le souvenir lui en reste vivace, ainsi apparemment pour le félin sus-cité, que celui du vol plané par la fenêtre (ouverte) qui en a résulté. Depuis lors, l'une évite autant que possible l'autre. N'empêche que seule Fifille se fait obéir au doigt et l'oeil sans même hausser le ton!

Fils, lui, appelle Taïga "Taïga" car c'est un jeune homme très bien élevé qui appelle un chat un chat, avec douceur et respect. C'est mon fils à moi, d'abord.

Evidemment je parle plus de mes chéris adorés que de Chat. Mais bon, un chat c'est un chat, elle dort, bouffe ses machins en gelée qui puent, miaule pour rentrer et/ou sortir, chasse de pauvres bêtes innocentes qui ne lui ont rien fait et compisse sa litière.

La première fois que mon Chéri est venu dormir dans mon lit, il y a trouvé le chat installé comme d'hab:"Eh le chat il dort pas là j'espère!" s'est-il spontanément exclamé."Euh... non non, il va aller dehors" ai-je très lâchement répondu, mais ça faisait plus de 2 ans que j'étais célibataire, j'allais pas risquer de tout foutre en l'air pour un chat quand-même. j'espérais juste qu'elle n'allait pas miauler et gratter toute la nuit à la porte et/ou à la fenêtre...

Grand bien m'en a pris. Maintenant Chéri n'aime rien tant que dormir entre son Chabidou (sur la couette) et moi (sous la couette) (chacune à sa place tout de même). Il est même tellement gâteux avec ce chat que je suis contente qu'on ne fasse pas de bébé, ce serait trop catastrophique! 

 

lundi, 06 novembre 2006

Champs de fraises pour toujours


podcast
Allez, aujourd'hui c'est la rentrée, voici une bonne vieille chanson consolatrice de tout ce temps enfui sans que j'aie repeint la cuisine, réparé les robinets qui fuient, emmené la caisse au contrôle technique, etc... Mais c'est quoi ce temps qui court plus vite que moi, que je travaille ou pas?

medium_bureau.JPG

Et puis tiens, voici une photo de mon "poste de travail" à la maison. Oui, j'ai honte, oui, j'aimerais un grand espace zen et vide où c'est tellement ordonné que l'ordre il est aussi dans la tête et qu'on perd pas son temps en cherchant sa clé USB sous un tas de paperasses pas classées. C'est petit, une clé USB.

Juste à droite de la photo, il y a la fenêtre. Par la fenêtre, je vois un pin parasol, un pyracanta plein de baies rouges-ki-fo-pa-manger, un ciel laiteux très lumineux, des tiges d'ex- grandes marguerites jaunes fanées, de l'herbe pas tondue qui scintille au soleil. Il y a aussi, qui barre l'horizon, le fil du téléphone qui me relie à vous, à la toile, à la terre entière, hé hé! Etonnant que ce cordon errant charrie tant de trucs: paroles, écrits, photos, qui eux-mêmes emportent nos pensées, nos états d'âme, nous: tour à tour acteurs et observateurs, visibles et invisibles selon nos humeurs.

jeudi, 02 novembre 2006

Le son du silence

Aujourd'hui, Chéri est au travail et Fifille en goguette à la ville. Et moi, en vacances à la maison! (Oui, je suis honteusement - à défaut de grassement - payée à ne rien faire plein de jours dans l'année grâce à mon public scolaire, merci à mon public scolaire!)

C'est le grand grand calme et bienfaisant silence. Chéri ne fait jamais trop de bruit, sauf rotofil ou autre nécessaire (et trop rare) aspirateur, mais Fifille aime à s'entourer de musiques tonitruantes, de sonneries de portable que tu te demandes ce qu'il se passe tout à coup et d'où ça vient, et autres écriements kevinesques.

Mais aujourd'hui, silence. Bon, pas un vrai silence de caisson étanche: le PC ronronne, Chat gratte ses puces, la chaudière s'enclenche, dehors les geais rouscaillent. Pourtant ça y est, je commence à m'entendre être. Je me sens intérieurement alignée, en phase avec moi-même et intensément présente...

Parfois avec Chéri on fait le coup du silence ensemble: l'un à côté de l'autre sans parler (et pas devant le télé!) Parfois c'est juste chacun tout seul dans ses pensées, mais parfois c'est sentir la présence l'un de l'autre comme des vagues d'atomes qui s'interpénètrent, se lient, se volutent. C'est chouette.

Et puis voilà, le téléphone sonne et la lessive attend à être étendue sinon elle va se venger en puant, et puis tiens quelles nouvelles du monde, hop la radio et finie la pureté de l'atmosphère, l'ambiance zen et la lumière, mais quand même, il en reste quelque chose en soi qu'on peut emmener partout et protéger en son for intérieur capitonné, même quand on rit aux éclats ou qu'on dit des bêtises.

Tout à l'heure Amie est passée boire un café, il y avait beaucoup de soleil dans la véranda qui brillait sur ses cheveux blonds de bébé et ses yeux verts de tendre écorchée. Nous avons parlé de choses avec des mots et d'autres avec des silences.

Tendresses à tous et à toutes.

Toutes les notes